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Comment j'ai réalisé son phantasme

Récits Erotiques
"Je suis seule (ce soir la maintenant quoi) et que j'aimerai vivre mon phantasme à pleine dents...
avoir un rdv hebdomadaire avec un homme pour le sucer toujours dans le meme immeuble, à la meme heure, sans jamais parler...il m'offre mon plaisir et prend le sien puis on repart chacun de notre cote...miam !!!"

C'est comme ça que ça a commencé.

Assis derrière mon bureau, j'avoue que mon esprit s'est mis à vagabonder. Entre les murs blancs, l'écran trop brillant, le téléphone avec trop de touches et le clavier avec trop de gris, cette porte vers l'évasion était bien trop tentante pour la claquer sous le seul prétexte de la méfiance. Elle joue ou elle ne joue pas ? Se fout de ma gueule ou pas ? De toute façon, avec elle, on peut s'attendre à tout. Elle fait partie de celles dont on croit qu'elles mentent tout le temps alors qu'elles ne le font jamais, en tout cas concernant les choses du sexe.
En bon rationnaliste, le calcul fut rapide. Soit passer à côté d'une expérience dont je rêve - entre autres - depuis l'âge de 14ans, soit prendre le risque de passer pour le crédule de base, le frustré de service qui ne dort plus à la promesse d'une pipe. Rien à foutre de mon image, je veux oser - si je dois passer pour un con, et bien ce ne sera pas la première fois. Et puis quitte à se jeter les yeux fermés dans l'aventure, autant y aller à fond, en toute honnêteté. Ne pas jouer les blasés, ne pas jouer les hardeurs - je suis débutant dans la décadence, un béotien du fantasme, un mec qui croyait peu de temps avant qu'avoir sodomisé une femme mariée à leur première rencontre, le propulsait en tête des charts des fous du slip.
Mais le sexe, c'est un peu comme la culture, chaque fois qu'on fait un pas en avant dans la connaissance, c'est tout un monde nouveau qui s'ouvre à nous. Je dois me rendre à l'évidence, sur l'échelle de la débauche, j'en suis à avoir le vertige dès le deuxième barreau. Et elle, si je crois tout ce qu'elle dit, doit me voir de la taille d'une mouche tellement elle est haut perchée. Bref, je ne pourrai pas me la jouer.
Je lui réponds alors, un message un peu ambigü, un peu naïf qui me laisse une porte de sortie honorable, au cas où. On ne se refait pas. Il a au moins le mérite d'être franc. Bizarrement, au fond de moi je lui fais confiance. Je ne sais pas pourquoi. Comme un instinct.
Dix minutes plus tard, elle confirme. Des frissons me surprennent entre les cuisses.
Finalement ce sera demain. 20h. Chez moi.
Je lui ai proposé par chez elle d'abord. Elle m'a rétorqué que je n'allais me déplacer pour ça, traverser Paris pour son fantasme. C'est à elle de se déranger. Je souris. Si elle savait. J'aurai pris un avion pour avoir une chance de vivre une aventure comme ça. Le reste de la journée, je me sens limite producteur hollywoodien tellement je me fais des films.

Demain, c'est aujourd'hui. Ma journée est folle. Trop de boulot, peu de temps pour penser à ce soir. C'est mieux comme ça. Pas de message d'elle. Rien. Je nage dans le doute. "De toute façon je le savais, c'est évident que c'était bidon". Mais mon rêve est tenace. 18h, mon patron m'appelle, réunion importante, ma présence est requise. Merde. Les trois grands boss sont là, je peux pas me débiner. Ils parlent et ils parlent. S'écoutent parler. Je ne les entends pas, concentré sur ma montre. 19h. Je me lève en plein milieu de leurs discussions. Je leur dis que je dois y aller. Jamais je n'aurai osé ça un autre jour. Mais il y a des échéances qui vous donnent des ailes. Ils ne bronchent pas, on continuera la réunion demain. Ils ont dû sentir que là, je n'étais pas prêt à me rasseoir docilement. Les pulsions sexuelles donnent l'air féroce et décidé. Je souris en m'imaginant mâle dominant.

*19h30, toujours pas un texto, rien. C'est mort. Je défais mon costume, rentre sous la douche.
*20h, toujours rien, j'écrase une cigarette. C'est définitivement mort. Salon dans la pénombre, Black Eye Pea en fond sonore. J'ai enfilé un treillis noir et un T-Shirt blanc. Pas original. Sûr de pas me planter.
*20h05, on sonne. Elle l'a fait. Elle a osé. Elle a eu assez confiance pour se pointer chez moi sans plus de garantie. Je respire profondemment, je suis troublé. Autant par la situation qui s'annonce, que par l'audace dont elle fait preuve.
J'ouvre.

Première surprise. Dans mon imagination, je la voyais arriver femme fatale, en haut talons, en imper et dessous outranciers. Pas du tout. C'est son fantasme à elle, pas le mien. Elle n'est pas là pour moi, et sa tenue me l'indique tout de suite. Les femmes savent parler à travers leurs choix vestimentaires et son message m'arrive en uppercut. Elle rentre, le visage un peu sévère, le cheveu court et un physique androgyne amplifié par son jean et son pull sans forme.
Puis elle me sourit.
Son visage s'illumine, elle est jolie comme un cœur, pas du tout allumeuse, loin des clichés que son libertinage pourrait laisser entrevoir. Je la trouve fraîche, pas si sûre d'elle, limite innocente.
Deuxième surprise, elle me parle. Je m'attendais au silence total. Mais c'est son fantasme après tout, elle fait ce qu'elle veut. Je lui ai promis de me taire. A la frontière du ridicule, je réponds par des gestes, des sourires un peu maladroits. Je voulais garder un air de ténébreux qui, je pensais, correspondrait mieux à ses désirs, mais je n'y arrive pas. J'ai l'impression d'avoir des mimiques d'enfants. Elle s'absente dans la salle de bain, l'eau coule. Je l'imagine sortir de là à moitié nue.
Il faut que j'arrête les films, elle en sort autant habillée.

Mais son innocence semble avoir disparue. Elle se colle contre mon dos. Je sens ses mains m'enserrer la taille, passer sous mon t-shirt, frôler mes reins, le dos, remonter sur mon torse. Son toucher est léger, aérien, agréable. Sa bouche se colle à ma nuque. Elle entrouvre les lèvres, je sens sa langue me goûter puis ses dents, timidement, enfermer ma peau. Mon esprit se vide, s'éclaircit. Je me concentre sur ce qu'elle me fait ressentir. Je recule une main vers sa taille, le haut de ses cuisses. Poliement, elle la replace contre mon corps. "Ce n'est pas ton fantasme" me crie-t-elle silencieusement.
Elle me demande de finir de me déshabiller. Je n'arrive pas à lire ses yeux. Aucune idée de comment elle vit la chose. J'aime que les plaisirs soient partagés mais elle ne me donne aucune information. Elle reste stoïque, avec un sourire amusé. Stoïque à un point tel que je la sens capable de se barrer maintenant, me laissant ridicule, nu au mileu du salon. C'est fou comme je me sens adolescent quand je suis nu. Vulnérable. Elle m'indique le canapé, recule la table basse.
Elle se mettra entre mes jambes, elle l'a décidé et imaginé comme ça.
A genoux, elle ne regarde pas mes yeux, pas de défi, pas de provocation, ne cherche pas mon regard. Je crois qu'elle s'en fout. Elle s'attarde sur mes cuisses, passe ses lèvres sur mon aisne. Ses mains frôlent mes couilles, glissent en dessous. Les frissons sont immédiats. Mon corps se tend. Tout mon corps sauf ma verge. Encore un peu trop stressé par la situation pour ça. Je voudrai la toucher mais je n'ose pas. Je reste les bras le long du corps, inutiles, encombrants.
Sa langue devient entreprenante. Je sens sa délicate humidité à la base de mon sexe, remonter très doucement. Elle ne lance que l'extrêmité de sa langue, un peu en éclaireuse. Ses mains l'entourent comme si ma verge était fragile. C'est la première fois que je les regarde, ses mains. Fines, élancées, très féminines. La langueur de cette vision finit d'achever mes tensions. Je me sens vraiment bien pour la première fois, fièrement décidé à jouir de cette fellation.
Ses mains lâchent mon chybre au moment où sa bouche l'engouffre pour la première fois. Il y règne une moiteur exquise. L'érection se dessine enfin, progressivement, au rythme lent de ses mouvements, comme en harmonie. Ses mains se sont réposées, l'une sur ma cuisse, l'autre sur mes reins. Je me sens coulisser dans sa bouche, très sensuelle, sans brusquerie. Elle s'occupe de moi avec plus de douceur que des femmes qui disaient pourtant m'aimer. Je m'attendais à plus de violence, d'animalité mais c'est avec raffinement qu'elle a souhaité me sucer. Cette femme décidemment prend un malin plaisir à être imprévisible.
Je cherche à voir ma bite rentrer dans sa bouche, la pénétrer. Mais elle ne m'en laisse pas le loisir. Elle est penchée en avant sur moi, sa tête en opposition. Je suis là pour accepter. Je ne fais rien pour le changer. Je me surprends même à fermer les yeux tellement ses caresses sont subtiles. Une sensation différente et nouvelle me tire de mes rêveries. J'ouvre les yeux. Elle a soulevé un pan de son pull et laisser sortir son sein gauche. Son corps n'arbore pas la même innocence que son visage. Il porte les signes de ses outrages. Son téton est percé par un anneau froid et un tatouage majestueux et coloré embrasse son galbe. Il ressemble à un serpent ou peut-être un dragon mais elle ne me laisse pas le contempler suffisamment pour que j'en sois sûr. Pendant quelques secondes trop courtes, elle amènent mon gland contre elle et le caresse de son sein. Mon excitation est montée d'un cran, ma rigidité aussi. Elle le ressent et me sourit. Complicité partagée. Enfin.

Elle me reprend en bouche, plus fermement, plus sûre d'elle. Ses mains m'entourent également. Tout devient plus rapide. J'aime. Plus de questions. Je passe mes mains sur son cou, ses cheveux, le haut de son dos. Elle ne me repousse pas. J'ai envie de la relever, de l'embrasser, de la toucher, de la découvrir, de voir son corps. Tout ça m'est interdit. Je le sais et ça ne fait qu'exacerber mon désir. Elle ne s'arrête plus. Je perds le contrôle de mes sensations. Sa main en accord avec ses lèvres. Va et viens onctueux. Le tout n'est pas assez serré mais ça n'a plus d'importance. J'agrippe son bras et le serre, je veux lui communiquer mon plaisir. Qu'elle sache. Mes reins se cambrent, doigts crispés sur son cou. Je lâche prise. Sa bouche, ses lèvres, sa langue en détonnateurs d'orgasme. Je tangue en elle. Jouissance. Je jaillis dans sa bouche, coule dans sa gorge. Elle ne me lâche pas, m'accompagne dans la descente de l'orgasme. Ses gestes se refont doux, sa langue chaleureuse. Je me sens bien. En confiance. Elle garde mon sexe entre ses lèvres, assez longtemps. Instants rares.
Elle se relève. Part dans la salle de bain. Revient. Me demande si ça va. Moi, toujours muet. Je saisis sa main, elle doit comprendre. Je la colle contre mon cœur, je dois frôler les 150 pulsasions minute. Elle me sourit de nouveau, ravie. Puis sur le seuil de ma porte, sur le point de partir, elle me lance, malicieuse:

"Je suis contente pour ma première fois".